Professeur et directeur de la division de neurologie du département de biologie moléculaire et cellulaire de l'Université de Berkeley, directeur de l'Institut des neurosciences de Shangai, Mu-Ming Poo est né à Nanjing (Chine) en 1947. Il obtient son PhD en 1974 à la Johns Hopkins University et compte parmi les membres de l'UC Berkeley's Health Sciences Initiative qui s'efforce de résoudre les problèmes affectant la santé de la population mondiale.
Le Professeur Mu-Ming Poo a contribué de façon décisive à la conception selon laquelle l'activité physiologique, au niveau de la synapse, s'accompagne de sa modification morphologique. Les implications de ces travaux sont très importantes pour l'interprétation des mécanismes de mémorisation. Le cerveau cesse d'être un réseau fixe dont les traces mnésiques s'inscrivent uniquement dans des modifications de conductance. En effet, à ces modifications qui certes existent, il faut désormais ajouter des changements de la forme du réseau, dont la libération synaptique de facteurs trophiques, mise en évidence par le Professeur Mu-Ming Poo et ses collègues, peut rendre compte en partie.
Plus récemment, le Professeur Mu-Ming Poo s'est intéressé au développement du système nerveux. L'établissement des réseaux de neurones est essentiel au bon fonctionnement de ce système. D'où l'extrême importance du guidage de l'axone qui lui
permet de rejoindre les régions avec lesquelles il doit établir un contact physiologique. Ce guidage suppose la capacité du cône de croissance, élément motile à l'extrémité de l'axone, de sentir dans l'espace la présence de certaines molécules et de s'orienter en fonction de cette information. La réponse de l'axone, attraction ou répulsion, suit la fixation de la molécule "signal" sur un récepteur présent à la surface du cône. Le Professeur Mu-Ming Poo et ses collègues ont démontré que la réponse au signal requiert une synthèse de protéines dans le cône de croissance luimême. Il s'agit d'une observation très originale qui suppose, et démontre, que ces cônes contiennent des ARN messagers silencieux traduits en fonction d'un signal extérieur.
Ces résultats très récents complètent la vision de la synapse doublement plastique, électro-physiologiquement et morphologiquement, par l'idée que la traduction de messagers dormants, localisés au niveau de la synapse, est régulée par l'activité physiologique. La voie est ainsi ouverte à un nouveau mode de compréhension de la mémoire synaptique, et donc de la mémoire tout court.
C'est la raison pour laquelle les travaux menés par le Professeur Mu-Ming Poo depuis de nombreuses années sont d'un intérêt majeur pour notre compréhension du développement du système nerveux et de son fonctionnement
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